À l’approche de la fin de son parcours au Cégep de Rosemont, Taha Sarti revient sur son expérience, les projets qui l’ont marqué, son stage ainsi que les compétences techniques et humaines qu’il a développées au fil de sa formation. Il nous parle également de ses projets d’avenir et des nombreuses avenues qui s’offrent aux diplômés du programme.
Quels étaient tes intérêts professionnels avant de t’inscrire au cégep?
Je suis quelqu’un de très rigoureux et j’aime comprendre comment les choses sont faites et comment on arrive à obtenir un résultat final, particulièrement dans le domaine de la technologie.
J’ai commencé le programme en 2022, à un moment où l’informatique était un sujet dont tout le monde parlait. Ça a éveillé davantage mon intérêt et j’ai commencé à faire mes propres recherches sur le domaine.
J’ai aussi découvert que la réseautique est un aspect très important de l’informatique. C’est un côté qui reçoit parfois moins d’attention que d’autres, mais lorsque j’ai commencé le programme, j’ai réalisé à quel point il est essentiel.
J’ai compris que la réseautique est tout aussi importante que la programmation, les logiciels et les autres aspects de l’informatique.
Comment est structuré le programme et qu’est-ce qu’on y apprend?
La technique est vraiment très bien faite parce qu’elle accorde autant d’importance aux différents aspects de l’informatique.
La première année est surtout une année de tronc commun. Pendant cette période, on explore plusieurs facettes de l’informatique. On touche autant au matériel qu’aux aspects plus physiques, à la programmation, aux différents langages et à plusieurs autres notions de base.
Ça permet de découvrir ce qui nous intéresse le plus et de mieux définir notre profil, que ce soit davantage la réseautique ou la programmation.
Au fil du temps, les cours deviennent de plus en plus spécialisés. À partir de la deuxième année, ils correspondent davantage au profil choisi.
Dans mon cas, j’ai choisi le profil Réseautique: sécurité et virtualisation. À partir de la deuxième année, on a commencé à voir des notions beaucoup plus techniques liées à la téléphonie, aux réseaux et au réseautage en général.
Je trouve ça vraiment important parce que ça permet d’avoir une bonne compréhension de la majorité des notions qu’on retrouve aujourd’hui dans les entreprises.
Par exemple, on a vu les serveurs de messagerie, la supervision des systèmes et la gestion de projets.
Entre la deuxième année et la fin du programme, la formation donne vraiment un bon aperçu de ce qu’on retrouve sur le marché du travail et de ce qui est attendu d’un technicien en informatique.
Quelles qualités sont importantes pour réussir dans le domaine de l’informatique?
Ça peut être un peu différent selon qu’on préfère la programmation ou le côté réseau, plus matériel.
Dans mon cas, comme je m’intéresse davantage au réseau, je dirais qu’un bon technicien réseau doit être patient et persévérant.
Souvent, les problèmes ne sont pas simplement de petits bogues comme on peut en voir en programmation. Parfois, ce sont des problèmes physiques ou des problèmes de connectivité.
Il faut donc être très rigoureux et aller jusqu’au bout des choses. Il faut aussi être patient, parce que certaines situations peuvent devenir frustrantes, mais il faut continuer à chercher jusqu’à trouver la solution.
Il y a aussi un aspect que je trouve très important : le travail d’équipe.
En réseautique, il est très rare de travailler seul. Il faut constamment collaborer avec d’autres personnes, échanger des idées et être à l’écoute.
On n’est pas toujours d’accord, et comme ce n’est pas une science exacte, il peut y avoir plusieurs façons d’aborder un problème. L’important, c’est de garder en tête l’objectif commun : réussir le projet ou accomplir la tâche.
Il faut donc savoir communiquer, échanger et travailler ensemble.
Une autre qualité importante, c’est d’être méthodique.
C’est d’ailleurs quelque chose qu’on apprend au Cégep. En réseautique, on ne peut pas simplement commencer à travailler sans plan.
Il faut avoir une méthode claire dès le départ. Ensuite, on peut l’adapter au fur et à mesure que le projet avance, mais il est important de s’entendre sur une approche et de partir sur de bonnes bases.
Quels types de projets réalisez-vous dans le programme?
Je peux dire que c’est vraiment la pépite du programme. C’est probablement la chose la plus importante que j’ai apprise au Cégep.
Dans la technique en informatique, particulièrement en réseautique, la plupart des cours sont construits autour de simulations d’entreprises, de projets et de situations qu’on retrouve sur le marché du travail.
On réalise toutes sortes de projets. Au début du programme, il s’agit davantage de projets de mise en place de systèmes, de serveurs et d’infrastructures informatiques.
Plus on avance dans la formation, plus les projets prennent de l’ampleur. On commence à travailler avec des estimations, des cahiers des charges, des budgets et des considérations liées aux finances.
À la fin du programme, on se rend compte qu’on a réalisé des projets qui nous ont permis de développer plusieurs compétences, autant sur le plan technique que sur le plan humain.
On apprend à réfléchir différemment et à comprendre que, dans une entreprise, on ne travaille pas seul.
Comme étudiant, on réalise rapidement qu’en entreprise, il faut collaborer avec plusieurs équipes, comme les finances, les ressources humaines ou les autres départements. Pour réussir un projet, il faut travailler ensemble.
Par exemple, j’ai participé à un projet de mise en place d’un serveur de supervision.
Je me souviens que le cahier des charges présentait l’entreprise, le budget disponible et les objectifs à atteindre. À partir de là, le projet commençait réellement.
Il fallait d’abord faire l’analyse des besoins, préparer le projet et comprendre les attentes de l’entreprise.
Ce genre de projet permet vraiment d’apprendre beaucoup de choses et de développer plusieurs compétences qui seront utiles sur le marché du travail.
Comment se déroulent généralement les cours dans le programme?
Dans la majorité des cours, on n’est pas dans un modèle d’enseignement traditionnel.
Quand je dis « traditionnel », je parle d’un cours où l’étudiant reste assis pendant deux heures à écouter un professeur présenter la matière.
Ce n’est pas du tout comme ça dans le programme.
Les cours sont organisés de façon à être plus concrets et plus adaptés à la réalité du domaine.
On commence généralement par voir les notions techniques et les concepts théoriques. Il faut comprendre de quoi il s’agit et acquérir les bases.
Mais cette partie ne représente souvent même pas le tiers du cours. Ensuite, on passe rapidement à la pratique.
Personnellement, je trouve qu’on comprend bien avec la théorie, mais qu’on apprend encore mieux avec la pratique.
Une fois la partie pratique terminée, on passe souvent à ce que j’appelle de l’innovation ou de la recherche personnelle.
C’est à ce moment-là qu’on développe davantage ce qu’on a appris dans les deux premières étapes, soit la théorie et la pratique.
C’est aussi souvent là que commencent les projets.
On essaie d’adapter ce qu’on a appris, de bien l’assimiler et de produire quelque chose à partir de ces connaissances.
Je trouve que les cours sont plus dynamiques et plus actuels. On nous donne les bases nécessaires, puis on est amenés à aller plus loin, autant par nous-mêmes qu’avec nos collègues.
Y a-t-il un cours qui t’a particulièrement marqué dans ton parcours?
J’ai étudié en gestion de commerces avant de me diriger vers l’informatique. Mais je me suis rendu compte qu’il y avait quand même un aspect de la gestion qui m’intéressait toujours.
D’ailleurs, tous mes professeurs me disent que j’ai un profil de gestion.
Il y a un cours qui m’a vraiment marqué et qui m’a confirmé que j’aimerais combiner l’informatique et la gestion. C’est le cours Évaluation de composantes matérielles et logiciels.
C’est un cours basé sur des simulations d’entreprises, mais avec un contexte beaucoup plus réaliste. On reçoit un cahier des charges, on doit l’analyser, trouver des soumissionnaires, répondre aux demandes du client et documenter l’ensemble du projet.
La documentation est un aspect que plusieurs trouvent moins important, mais en entreprise, c’est essentiel. On ne peut pas simplement dire que le travail est fait. Il faut conserver des preuves, assurer la traçabilité et être capable de justifier les décisions qui ont été prises.
Ce cours m’a permis de développer plusieurs compétences, autant sur le plan technique que sur le plan de la gestion de projet.
Comme il se réalise obligatoirement en équipe, il m’a aussi appris à collaborer avec des personnes qui n’ont pas toujours le même point de vue.
C’est un cours où les discussions sont nombreuses, notamment lorsqu’on parle de budget, d’offres ou des solutions à privilégier. Même si le projet demeure fictif, il est construit à partir de situations très réalistes.
Nous travaillions également selon une méthodologie Scrum. Il fallait apprendre à prendre des décisions en équipe, tenir compte des différents points de vue et trouver des compromis pour faire avancer le projet.
C’est vraiment un cours qui m’a beaucoup marqué, autant pour les compétences techniques que pour les compétences humaines qu’il m’a permis de développer.
À quoi ressemblent les stages et l’expérience de travail pendant les études?
Je suis présentement en stage au département des technologies de l’information du Cégep.
Le stage est organisé sous forme de projets.
Le premier projet consistait à moderniser les équipements du département. Nous avons remplacé une partie des équipements et participé à leur mise en place.
Au début, ça me semblait très complexe. Mais, comme je l’ai mentionné plus tôt, avec une bonne préparation et une bonne analyse, on finit par comprendre exactement les besoins du département. Ensuite, on passe à la mise en place, au suivi et à la documentation du projet.
Je dirais que c’est une tâche essentielle pour un technicien réseau. En réseautique, on travaille directement avec le matériel. On doit configurer, installer, organiser et maintenir différents équipements.
C’est d’ailleurs ce qui distingue souvent la réseautique des autres domaines de l’informatique : il y a une dimension très concrète et beaucoup de travail manuel.
Ce premier projet est maintenant terminé. Il reste toujours un suivi à assurer et au besoin, des ajustements ou des améliorations à apporter. On garde aussi une méthode de travail qui nous permet de revenir en arrière, de corriger ce qui doit l’être et de continuer le projet de façon structurée.
Présentement, nous travaillons sur un deuxième projet lié à l’organisation et à la mise en place d’un système de gestion de parc informatique. Cela comprend notamment la gestion des billets d’incident et le suivi de l’inventaire.
C’est un projet très important pour le département parce qu’il permet d’avoir une vue d’ensemble des équipements disponibles.
Dans une organisation, il n’est pas toujours facile de savoir exactement combien d’ordinateurs ou d’équipements sont en circulation. Un système de gestion de parc informatique permet justement d’avoir un meilleur portrait de la situation.
Il aide à planifier les budgets futurs, à déterminer quels équipements doivent être remplacés et à prendre de meilleures décisions quant aux investissements à venir.
En ce moment, nous sommes en train de mettre ce système en place, ce qui nous amène à collaborer avec plusieurs membres de l’équipe et différents services du Cégep.
Comment décrirais-tu les enseignants?
Je dirais que parmi les points forts de Rosemont, il y a vraiment le côté humain. Ça fait partie de l’identité du Cégep.
On le voit autant du côté de la direction que du programme et, bien sûr, des enseignants.
Les professeurs sont toujours à l’écoute. C’est ma troisième année et je n’ai jamais eu de problème avec un enseignant.
Ils sont présents pour répondre aux questions et prennent le temps d’aider les étudiants. Ils répondent souvent très rapidement aux messages et comprennent que certaines périodes peuvent être plus difficiles.
Ils tiennent compte du fait que plusieurs étudiants travaillent en parallèle de leurs études et que certaines situations personnelles peuvent parfois compliquer les choses.
Bien sûr, il y a des règles à respecter, mais les enseignants ne sont pas là pour être contre les étudiants. Ils sont surtout là pour favoriser leur réussite, leur formation et leur avenir professionnel.
Certains enseignants sont particulièrement passionnés par la réseautique. Ils ont une grande capacité à vulgariser des notions complexes et à les expliquer de façon simple, ce qui permet aux étudiants de les comprendre beaucoup plus facilement.
D’autres mettent davantage l’accent sur les bonnes pratiques à adopter dans le marché du travail. Grâce à leur expérience, ils transmettent des connaissances et des habitudes qui seront utiles plus tard en entreprise.
Les enseignants font donc beaucoup d’efforts pour nous donner une base technique solide, mais aussi pour nous préparer à intégrer rapidement le marché du travail et à occuper notre poste de façon professionnelle.
Comment décrirais-tu l’ambiance dans le programme?
Je trouve que, particulièrement en Techniques de l’informatique, l’ambiance est vraiment très conviviale.
On voit souvent des étudiants de troisième ou de deuxième année aider des étudiants de première année. Comme nous sommes tous passés par les mêmes cours, il y a beaucoup d’entraide.
Pour ce qui est de la concurrence, je trouve que c’est un aspect normal et même positif. Ça pousse les gens à donner le meilleur d’eux-mêmes.
Oui, il y a des étudiants qui veulent être les premiers, terminer plus rapidement ou obtenir les meilleurs résultats. D’autres avancent à leur propre rythme.
Au final, ce qui ressort, c’est que tout le monde veut réussir et progresser.
Mais malgré cette concurrence, l’entraide est vraiment très présente.
Souvent, lorsqu’un étudiant termine une tâche, il prend le temps d’aider les autres. Plusieurs offrent même leur aide en dehors des heures de cours.
J’ai moi-même vécu ce genre de situation. On peut se retrouver en appel, s’expliquer certaines notions et s’entraider pour mieux comprendre.
Le plus important, c’est qu’il y a suffisamment de ressources pour réussir.
Il y a d’abord les enseignants, qui sont très disponibles. Ensuite, il y a les autres étudiants. Il y a aussi les étudiants-tuteurs, qui sont là pour accompagner les personnes qui éprouvent des difficultés dans certains cours et les aider à réussir.
Pourquoi as-tu choisi de venir étudier en Techniques de l’informatique au Cégep de Rosemont?
J’avais plusieurs options puisque le programme est offert dans différents cégeps.
J’ai commencé par consulter la description du programme, participer aux portes ouvertes et me renseigner sur les différentes possibilités.
Ce qui m’a attiré à Rosemont, c’est un aspect que je n’ai pas retrouvé ailleurs.
Je ne cherchais pas seulement un programme axé sur les notions techniques et la théorie. Aujourd’hui, l’information technique est accessible un peu partout.
Ce que je recherchais surtout, c’était le côté humain ainsi que les compétences dont j’allais avoir besoin plus tard dans une entreprise.
C’est ce que j’ai trouvé à Rosemont. Il y a une réelle préparation au marché du travail, autant sur le plan technique que professionnel.
On n’apprend pas seulement à configurer un serveur ou à utiliser une technologie en particulier. On apprend aussi à travailler dans une équipe, à évoluer dans un environnement professionnel et à collaborer avec différentes personnes au sein d’une organisation.
Pour moi, c’est vraiment ce qui a fait la différence.